L'édito

France.fr: un site à 4 millions d'euros ?

Je crois qu'en lisant cela j'ai failli m'évanouir..... "Pour la seule année 2010, le montant hors taxes atteint 1,2 million. Et pour les deux suivantes, plus de 755 000 euros" (hors taxes)" (Le Canard Enchaine).3 millions hors taxes pour la conception (sociéte Mode d'emploi) d'un site sous cette g... Lire la suite


Quand on enseigne Hadopi à l'ecole

[ Actualités - Internet ]

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Vous avez sans doute remarqué que notre gouvernement aime la propagande et que l'un des moyens favoris de l'UMP pour faire son auto promotion et d'étaler la profonde utilité des lois liberticides pondues jour après jour, fait divers après fait divers. A chaque loi, un spot TV. Sauf que là, le gouvernement va plus loin : il décide d'enseigner Hadopi à nos chères petites têtes blondes. Et tout cela, sans le moindre relais médiatique.

Alors que notre gouvernement agit dans la plus parfaite illégalité en instaurant le flicage massif Hadopi malgré les lois européennes, nous apprenons sur le site officiel http://www.educnet.education.fr (plus exactement ici) ceci :

"Le 22 septembre, l'Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi Hadopi 2 sur la protection pénale de la propriété littéraire et artistique. Deux dispositions renforcent la protection de la création sur internet et l’information des jeunes confiés à l'Éducation nationale.
La loi Hadopi favorise la diffusion et la protection de la création sur internet demande à l’éducation nationale de renforcer l’information et la prévention auprès des jeunes qui lui sont confiés.
Ainsi, dans le cadre des enseignements artistiques, les élèves reçoivent une information sur les dangers du téléchargement et de la mise à disposition illicites d'œuvres ou d'objets protégés par un droit d'auteur ou un droit voisin pour la création artistique. Cette information est dispensée en cohérence avec celle reçue à l’occasion de la préparation du brevet informatique et internet. Elle est complétée par des éléments sur l’existence d’une offre légale d’œuvres ou d’objets protégés par un droit d'auteur ou un droit voisin sur les services de communication au public en ligne.
Les enseignants, eux-mêmes, doivent bénéficier d’une formation précise sur le droit d’auteur, les dangers du téléchargement illégal et l’offre légale d’œuvres dont les usages sont dégagés de droits.
L’ensemble de ces démarches d’information doit s’inscrire dans une stratégie globale de l’établissement, de l’école, qui favorise le dialogue avec les élèves, leur appropriation des droits et devoirs des internautes citoyens et responsables qu’ils sont en puissance : rédaction d’une charte des usages d’internet, informations et débats pendant les heures de vie de classe ou  d’ECJS, sensibilisation à l’occasion de l’utilisation d’un outil spécifique..."

En gros, désormais, les profs devront se faire les chantre de la politique Sarkozienne. On avait déja eu le fichier de répérage des mini-délinquants des la maternelle (sujet dont bien évidemment plus personne ne parle). Mais là, c'est encore un bel exemple de la politique de lavage de cerveaux menés par les guignols du lipdub.

Ceci est très grave, car Legamédia se définit comme étant « l’espace d’information et de sensibilisation juridique pour la communauté éducative ». Donc en gros, cette brève prépare tres clairement le terrain : apprenons à nos enfants à acheter la musique de Majors, quand bien même cette dernière soit la plus pourrie que l'on puisse trouver : "les élèves reçoivent une information sur les dangers du téléchargement et de la mise à disposition illicites d'œuvres ou d'objets protégés par un droit d'auteur ou un droit voisin pour la création artistique".

Bien évidemment, nous ne trouverons aucune note sur l'utilisation de plateforme de diffusion Open Source comme Jamendo oubien légales comme Deezer. Non, rien de rien. Par contre, il est prévu que les "enseignants, eux-mêmes, doivent bénéficier d’une formation précise sur le droit d’auteur, les dangers du téléchargement illégal et l’offre légale d’œuvres dont les usages sont dégagés de droits".Et hop, un petit lavage de cerveau gratos pour les profs en plus.

Décidément à l'UMP, on n'aime pas la liberté de penser.


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Commentaires  

 
0 # Johny La fraise 13-12-2009 12:10
Ca va de plus en plus loin avec Napoleon
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0 # Sarah 13-12-2009 13:39
C'est triste
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0 # Meiji 14-12-2009 15:38
Hadopi à l'école, la meilleur idée depuis Charlemagne.

La rubrique legamedia du très officiel site Educnet fait état de :
"La loi Hadopi qui favorise la diffusion et la protection de la création sur internet demande à l’éducation nationale de renforcer l’information et la prévention auprès des jeunes qui lui sont confiés."

Ainsi est-il fort normal que les enseignants soient amenés tout prochainement à aborder enfin les deux aspects fondamentaux de cette loi, l'internet et l'informatique d'un côté, les droits d'auteur de l'autre. Deux aspects fondamentaux également pour leur propre enseignement puisque qu'ils y sont confrontés quotidiennement dans l'exercice de leur profession. Voilà donc qui devrait les ravir qu'un gouvernement prenne enfin à coeur ces questions essentielles.

L'informatique plus encore que l'internet est une composante devenue vitale à l'enseignement. Citons:
Le rapport Stratégie Nationale de Recherche et d'Innovation (SNRI), remis le 23 juillet 2009 à Valérie Pécresse, pour ce qui concerne l'enseignement de l'informatique, fait le constat que : "Dans les filières non spécialisées des écoles, l'enseignement de l'informatique est généralement réduit. De façon plus générale, le système éducatif n'a pas donné une place suffisante à ces disciplines en regard des enjeux futurs, industriels et d'innovation pour l'ensemble de l'économie nationale, et de participation à la vie sociale et politique de la part des citoyens. Absentes aux niveaux primaire et secondaire, elles sont inexistantes ou trop limitées dans les classes préparatoires aux grandes écoles. La majorité des ingénieurs et chercheurs non informaticiens n'acquièrent pendant leur cursus qu'un bagage limité au regard de ce que l'on observe dans les autres disciplines. Pourtant, ils utiliseront ou pourront avoir à décider de l'utilisation d'outils informatiques sophistiqués. Il est à craindre qu'ils ne le feront pas avec un rendement optimal ou que, en position de responsabilité, ils sous-estimeront l'importance du secteur."
Un tel enseignement, qui doit se généraliser, correspond aux besoins du pays et de son économie. Rappelons que l'informatique représente 30 % de la R&D au plan mondial (mais 17 % seulement en Europe), que les TIC (Technologies de l'information et de la Communication) vont constituer 50 % de l'augmentation de la croissance dans un futur proche, qu'elles constituent un gisement d'emplois considérable, que l'informatique est l'une des trois grandes familles de la science moderne.
(Source : http://www.epi.asso.fr/revue/docu/d0912a.htm)

Les enseignants ont donc à relever un véritable défit stratégique tout en se heurtant à des questions d'ordre juridiques que l'on peut résumer avec cet extrait d'article sur les droits numériques et la pédagogie :
"… On doit réfléchir, à l’heure des nouvelles technologies et de la substitution progressive de la propriété par la notion d’accès, à son rôle dans le cadre d’une probable et enfin réalisable démocratisation de la culture, non de sa consommation que son propre rôle antérieur rendait impossible ou invalidait, mais de sa création." En rappelant que "l’imitation et la modification sont à la base de la création entendue comme mémoire et transmission, puisqu’elles sont le moteur de l’apprentissage , processus ou objet même de la création".
(Article complet : http://www.framablog.org/index.php/post/2009/04/09/numerique-droit-d-auteur-et-pedagogie-archambault)

L'impact d'Hadopi a donc une influence majeure sur l'enseignement lui même dont élèves et parents doivent, au premier chef, être complètement informés afin de se mettre en conformité avec La loi. On peut être persuadé que devant un enjeu qui les concerne aussi directement, les enseignants sauront répondre présent.
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0 # Meiji 14-12-2009 15:38
(... suite)

Il ne fait également aucun doute que ces mêmes enseignants mettront du coeur à enfin faire connaître aux élèves ce qu'est le sacro-saint droit d'auteur, créé pour protéger les auteurs des éditeurs, et non pas des lecteurs, et en tirer la leçon civique qui convient. Ils auront donc toute latitude pour intéresser leurs élèves à Paul Valery, un auteur du domaine public, et son fameux "le paradoxe, c'est le nom que les imbéciles donnent à la vérité". Une des vertus cachées de la loi Hadopi que de pouvoir faire redécouvrir les classiques, ce dont il ne faut pas se priver en ces temps de crise.
Le commentaire du Code de la Propriété Intellectuelle sera aussi source d'une profonde élévation, surtout cette partie :
Le contrat d’édition est défini par l’article L 132-1 du Code de la Propriété Intellectuelle : "Le contrat d’édition est le contrat par lequel l’auteur d’une œuvre de l’esprit ou ses ayants droit cèdent à des conditions déterminées à une personne appelée éditeur le droit de fabriquer ou de faire fabriquer en nombre des exemplaires de l’œuvre, à charge pour elle d’en assurer la publication ou la diffusion".
En aucun cas, il est dit ou supposé que la cession des droits est monopolistique, puisqu'on parle du droit de fabriquer ; chose que les éditeurs transforment régulièrement en propriété exclusive des droits.
Il est donc concevable dans l'esprit, que des droits soient "loués" ou "consentis" à plusieurs éditeurs en même temps. Lequel aurait donc autorité pour revendiquer la protection d'Hadopi ?
La réponse pourrait alors être jouée au poker ou au 421 en y associant cet aspect ludique si prisé des élèves dans leur apprentissage.
Accessoirement ils pourront conseiller pédagogiquement la lecture d'un bon article et sans enfreindre l'Hadopi. Comme celui-ci par exemple :
http://www.village-justice.com/articles/HADOPI-comme-oeuvres-Celine-Fretel,5316.html

Enfin, la lecture de la lettre de Guy Môquet prendrait maintenant tout son sens en guise de conclusion ainsi que celle de l'article 35 de la Convention des Droits de l'Homme et du Citoyen qui est le fondement même de notre république ; l'article 1 étant aboli par l'Hadopi.

Une pointe d'humour pourrait émailler les débats en narrant une des blagues dont on dit qu'elle circule dans les couloirs de l'assemblée nationale. On dit mais ça se trouve c'est même pas vrai car sinon cela pourrait tomber sous le coup du droit d'auteur. Il se dirait, donc, que le mammouth, comme le mouton, serait un animal à poil laineux. A poil laineux, A poil laineux A poil ...
Et de ne pas se priver de rappeler que, le mouton se disant kebir en arabe, l'aïd el kebir française, identité nationale oblige, se fête le 1er mai à la bastille et non pas le 21 juin comme tant d'élève le croient encore.

Qui peut désormais ne pas souhaiter que l'Hadopi soit intégrée au programme scolaire pour insuffler aux futures élites de la nation cet esprit démocratique qui fait la grandeur de cette identité nationale bientôt elle aussi à tous les programmes ?

Sans aucun doute, Hadopi à l'école est la meilleur idée depuis Charlemagne.
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